Gauama, organisme humanitaire venant en aide à des enfants et des familles du bidonville de Dehradun, pris en charge par l'association indienne Saubhagyam.

Une communauté

Dans cette rubrique seront présentés nos projets à court et à long terme, nos actions ainsi que leur avancement.

Fil des billets - Fil des commentaires

lun. 25 avril 2016

Fonctionnement du centre SAUBHAGYAM



A Dehradun, l’école SAUBHAGYAM est l’école de la « Chance ».

IMG_2882__Copier_.jpg
Elle a été créée aux portes du bidonville par l’Organisme Sans But Lucratif « INDE ET NOUS » dont le siège est au Canada et par l’Association indienne « SAUBHAGYAM SOCIETY » pour scolariser des enfants de familles défavorisées.
Dominic (jeune canadienne de 28 ans) et Laurent (Guadeloupe 35 ans ) soutenus par une équipe de travailleurs indiens (travailleur social impliqué dans le bidonville, institutrices et cuisinière) sont à l'origine du projet et ont pris en charge trente quatre enfants du bidonville.
Ces enfants sont scolarisés dans diverses classes d’une école privée indienne SNEHA DOON, et viennent à l’école de Saubhagyam pour faire leurs devoirs et recevoir des cours de soutien.
Elle est soutenue par :
- SAUBHAGYAM Society en Inde
- L’OBSL « INDE ET NOUS » au Canada
- L’Association « SATIAM » en Suisse
- L’Association « GAUAMA » au Pays Basque (France)
Tous les fonds récoltés permettent de faire fonctionner l’école, payer les salaires des instituteurs et de la cuisinière, les frais de scolarité, les frais alimentaires, le loyer, les frais médicaux …..
Chaque association prend en charge une quote-part des dépenses au prorata du nombre d'enfants parrainés..

jeu. 26 avril 2012

Le centre Sobhagyam


La rue Entrée couverte








Le local dans lequel l'école est installée se situe au bord du bidonville.
Il se trouve au rez-de-chaussée d'une maison privative.

Maison Classe
Depuis l’entrée couverte de la maison on accède à une classe attribuée à Suman l'institutrice indienne, à une toute petite cuisine où officie Anita la "nounou" indienne ainsi qu'à une petite salle d’eau munie d’un robinet et à des WC à prise directe sur le caniveau de la rue.


Toujours sous cette entrée couverte, deux espaces permettent à deux, voire trois adultes de s’installer avec des groupes d’enfants (cours, repas, dessins, jeux).
Le fait de devoir travailler à plusieurs en partageant l'espace ne favorise pas la concentration des enfants. Bruit, agitation sont des constantes de ce lieu.

Le centre « ouvre ses portes » de 12h30 à 17h15, l’accès y est possible avant qu’un responsable muni des clefs n’arrive.
Les enfants se succèdent suivant leur niveau à des heures précises, mais ils sont heureux de pouvoir rester un peu plus pour jouer ensemble, parfois dans la rue toute proche, parfois dans ce qui reste de place dans l’entrée couverte…

Dans la ruelle Coin WC et point d'eau

Les odeurs d’épices, de pollution due au trafic routier à l’indienne, se mélangent aux effluves d’égouts à ciel ouvert…. il en est ainsi dans tout Dehradun.
L'eau "potable" (pour les indiens qui y sont habitués, pas pour nous) n'est délivrée par une société au robinet que deux fois par jour, de façon irrégulière et pour très peu de temps. L'école a la chance d'avoir un robinet, quand la distribution d'eau a lieu, il faut faire des réserves pour la journée. Dans le bidonville, peu de famille ont un robinet à la maison. Il faut utiliser les robinets collectifs dans la rue.
Pour savoir quand elle est disponible, il suffit de regarder au coin de la rue. Une file se forme, des femmes et des enfants attendent de pouvoir remplir leur seau….

Une journée ordinaire à Saubhagyam


Le centre « ouvre ses portes » de 12h30 à 17h15.
Il y a pour l’instant six niveaux différents :

  • Préscolaire
  • Jardin d’enfants : LKG et UKG (inférieur et supérieur)
  • Classe 1
  • Classe 2
  • Classe 3

En gros, chaque niveau passe deux fois une demi-heure devant un professeur.
Suman se consacre plus spécialement à l’hindi, et le ou les bénévoles à l’anglais.

Suman Groupe








Sur cette courte période, il faut trouver le temps de s’occuper du matériel défectueux (j’ai fini par accrocher une gomme au bout d’une ficelle attachée à un pied de ma chaise, fortement agacée par la consommation de gommes à la semaine…Je ne peux pas faire pareil pour les crayons, mais ça le mériterait aussi !), le temps de corriger le travail donné à la maison, d’expliquer ou de réexpliquer une notion, de donner du travail pour le cours suivant.
Il s’agit de bien calculer…, c’est du concentré.
Un temps est aussi prévu pour la distribution du repas. Il ne faut pas oublier de se laver les mains, témoins très sombres des difficultés de l’hygiène dans le bidonville.

lavage des mains repas








Pour les non scolarisés, les cheveux sont un gros problème. Très certainement habités.
Quoi qu’il en soit, il est manifeste qu’après quelques mois de scolarité à Shena Doon Academy, l’école privée indienne que nous payons aux enfants grâce aux parrainages, beaucoup de choses sur le plan de l'hygiène rentrent dans l’ordre. Voilà un résultat bien positif, ajouté à celui des progrès scolaires évidents d’une année sur l’autre.
Pour le repas, nous leur fournissons chaque jour un plat assez copieux, et les enfants apprécient fort ce moment. Pour certains d’entre eux ce sera le repas le plus consistant de la journée…..
Il faut savoir qu’en Inde, dans beaucoup de familles les repas sont peu variés : faites des permutations entre dal (lentilles), riz et légumes et vous aurez l’ordinaire des repas, agrémentés parfois de chapatis (galette fine de farine faisant office de pain).

repas cahier








A mon sens, il n’est pas bien facile de se positionner dans ce travail de soutien scolaire qui est le nôtre. Les cours à l’école sont faits en anglais (tout au moins ils le devraient).
Les bases sont cahotantes et c’est de l’immersion brutale.
Je pense à un texte que j’ai dû réviser avec les classes 1 et 2 où apparaissent tout à coup des mots bizarres comme « thought , sat » (prétérit de to think et de to sit). Conjugaisons, règles de grammaire élémentaires… connaît pas !
C’est une enseignante de 38 ans d’expérience qui vous parle : c’est encore pire qu’en France, la charrue avant les bœufs !
Il faut cependant avoir présent à l’esprit qu’en Inde la mémoire est nettement plus cultivée qu’en France. On apprend beaucoup par cœur, on récite collectivement. Il me semble qu’en mathématiques, il est moins difficile d’aider. Justement parce qu’on les éduque en priorité au par cœur. Ainsi on ne cherche pas à faire comprendre l’algorithme d’une division, on l’applique, point final. Comme chez nous dans « le bon vieux temps ».
Mieux, pas mieux ? Vaste débat….

Tout ce petit monde progresse de façon évidente d’une année sur l’autre et c’est là un des points importants et profondément encourageants pour nous.
Une autre chose est de fidéliser certains enfants. Pour des raisons familiales souvent dures, on manque l'école, car il faut bien manger.
En fin de journée, deux élèves doivent balayer les locaux et les ranger. C’est du rapide car la famille qui habite au-dessus nous a demandé de ne pas passer d’eau, histoire de ne pas apporter de traces de boue chez eux. Il faut dire qu’on vit ici dans une poussière ambiante palpable. Ce n’est rien à côté du Rajasthan (sable en prime).
Et tout se passe dans la joie. Les sourires sur les photos ne sont pas forcés !

Jeux Jeux







On ne joue pas toujours sans quelques coups, involontaires bien sûr. La crème miracle pour la douceur de la peau, les câlins pour les plus petits, c’est le remède miracle… On retourne dans la rue pour des parties de chat perché, saut à la corde…

Jeux Carum








L’approche de la fête de Holi va peut-être humidifier les jeux. Holi est dans deux jours. C’est la fête des couleurs, symbolique de l’approche du printemps. On s’arrose d’eau, mélangée à des poudres colorées. Le centre fermera deux jours pour cette occasion de grande réunion familiale.

Nicole D

lun. 02 avril 2012

Suman, l'institutrice


Suman est une jeune fille de 22 ans.
Elle habite Dehradun, à environ 45 minutes en bus de l’école.
Elle a un visage rayonnant de gentillesse. Ce qui ne l’empêche pas d’être ferme et de savoir réagir quand un enfant ne fait pas son travail.
Suman Elle semble avoir toutes les qualités requises pour être une très bonne pédagogue. Les enfants l’aiment et lui font confiance. Il faut dire que quand ils ont une difficulté, un souci, c’est plus facile de raconter sa petite histoire en hindi qu’en anglais !
Elle aime beaucoup travailler avec ces enfants pauvres et cela ne lui pose pas de problème (rien d’évident en Inde à ce sujet, à cause des castes).
C’est son premier travail en tant qu’institutrice, auparavant elle donnait des leçons chez elle.
Nous sommes à la recherche d’un deuxième enseignant qui parle anglais couramment car les cours de Sneha School sont prodigués en anglais.
Suman se consacrerait aux cours en hindi et l’autre enseignant à ceux en anglais. En espérant qu’il sera aussi sympathique que Suman…

jeu. 08 mars 2012

Anita, la cuisinière


Anita est une jeune femme qui a deux enfants de 4 et 5 ans. Elle habite le bidonville où vivent les enfants dont nous nous occupons.
Chaque jour, elle fait les courses, fait la cuisine puis sert les repas aux enfants.Il y a trois services, car ils mangent par petits groupes à la fin de leurs cours, avant de rentrer chez eux.

Anita

Les repas sont très simples, un seul plat et faits pour plaire aux enfants. Il fallait voir leur tête quand j’ai proposé des épinards… Comme en France !
Le casse-croûte préféré, c’est celui du samedi : un œuf dur et deux fruits, et pourquoi pas une friandise si un bénévole a la bonne idée de fêter son départ.
Anita doit aussi faire la vaisselle. La proximité de son lieu de travail et de son domicile l’aide bien : elle envoie parfois un élève de l’école chercher un de ses enfants.
Tout ce petit monde apprécie bien leur « auntie ». Il lui manque peut-être quelques kilos pour correspondre à l’idée que nous avons d’une nounou. Mais la bonne cuisine, la gentillesse et les sourires sont là. Et puis ce doit être délicieux : même que quand on n'a plus faim, on peut repartir avec un petit sac en plastique chez soi, histoire de ne rien perdre…
Les enfants qui arrivent aux cours le ventre vide peuvent demander un mélange de graines et fruits salés. Certains apprécient vraiment beaucoup ces petits en-cas, mais ce qui est frappant c’est qu’il faut leur rappeler qu’ils y ont droit. Ils ne font pas une fixation sur la nourriture…, ce qui n’empêche pas ces repas d’être un moment de détente et d’échanges de toute évidence très apprécié par les enfants.