Gauama, organisme humanitaire venant en aide à des enfants et des familles du bidonville de Dehradun, pris en charge par l'association indienne Saubhagyam.

Mot-clé - bidonville

Fil des billets - Fil des commentaires

lun. 25 avril 2016

Pourquoi GAUAMA ?




GAUAMA prononciation GAOUAMA association créée à Bayonne, dans le Pays Basque

logo.png
Les basques sont connus pour leur caractère fort, leur ténacité,leur folklore, leur gastronomie et leur langue, qui reste pour beaucoup une véritable énigme.
Le nom de l'association - GAUAMA - et le logo - une vache indienne - sont deux clins d’œil adressés à l'Inde et au Pays Basque.
Le mot GAUAMA est la combinaison de deux mots GAU et AMA qui ont tous deux une signification en basque et en hindi.
AMA peut être traduit comme MERE dans les deux langues.
GAU désigne la NUIT, l’OMBRE en basque, et la VACHE (au sens de la vache créatrice de la vie) en hindi.
Ainsi la traduction française pourrait s’apparenter à « Mère de l’ombre » pour le basque et signifierait en Hindi « La vache Mère ».

jeu. 26 avril 2012

Une journée ordinaire à Saubhagyam


Le centre « ouvre ses portes » de 12h30 à 17h15.
Il y a pour l’instant six niveaux différents :

  • Préscolaire
  • Jardin d’enfants : LKG et UKG (inférieur et supérieur)
  • Classe 1
  • Classe 2
  • Classe 3

En gros, chaque niveau passe deux fois une demi-heure devant un professeur.
Suman se consacre plus spécialement à l’hindi, et le ou les bénévoles à l’anglais.

Suman Groupe








Sur cette courte période, il faut trouver le temps de s’occuper du matériel défectueux (j’ai fini par accrocher une gomme au bout d’une ficelle attachée à un pied de ma chaise, fortement agacée par la consommation de gommes à la semaine…Je ne peux pas faire pareil pour les crayons, mais ça le mériterait aussi !), le temps de corriger le travail donné à la maison, d’expliquer ou de réexpliquer une notion, de donner du travail pour le cours suivant.
Il s’agit de bien calculer…, c’est du concentré.
Un temps est aussi prévu pour la distribution du repas. Il ne faut pas oublier de se laver les mains, témoins très sombres des difficultés de l’hygiène dans le bidonville.

lavage des mains repas








Pour les non scolarisés, les cheveux sont un gros problème. Très certainement habités.
Quoi qu’il en soit, il est manifeste qu’après quelques mois de scolarité à Shena Doon Academy, l’école privée indienne que nous payons aux enfants grâce aux parrainages, beaucoup de choses sur le plan de l'hygiène rentrent dans l’ordre. Voilà un résultat bien positif, ajouté à celui des progrès scolaires évidents d’une année sur l’autre.
Pour le repas, nous leur fournissons chaque jour un plat assez copieux, et les enfants apprécient fort ce moment. Pour certains d’entre eux ce sera le repas le plus consistant de la journée…..
Il faut savoir qu’en Inde, dans beaucoup de familles les repas sont peu variés : faites des permutations entre dal (lentilles), riz et légumes et vous aurez l’ordinaire des repas, agrémentés parfois de chapatis (galette fine de farine faisant office de pain).

repas cahier








A mon sens, il n’est pas bien facile de se positionner dans ce travail de soutien scolaire qui est le nôtre. Les cours à l’école sont faits en anglais (tout au moins ils le devraient).
Les bases sont cahotantes et c’est de l’immersion brutale.
Je pense à un texte que j’ai dû réviser avec les classes 1 et 2 où apparaissent tout à coup des mots bizarres comme « thought , sat » (prétérit de to think et de to sit). Conjugaisons, règles de grammaire élémentaires… connaît pas !
C’est une enseignante de 38 ans d’expérience qui vous parle : c’est encore pire qu’en France, la charrue avant les bœufs !
Il faut cependant avoir présent à l’esprit qu’en Inde la mémoire est nettement plus cultivée qu’en France. On apprend beaucoup par cœur, on récite collectivement. Il me semble qu’en mathématiques, il est moins difficile d’aider. Justement parce qu’on les éduque en priorité au par cœur. Ainsi on ne cherche pas à faire comprendre l’algorithme d’une division, on l’applique, point final. Comme chez nous dans « le bon vieux temps ».
Mieux, pas mieux ? Vaste débat….

Tout ce petit monde progresse de façon évidente d’une année sur l’autre et c’est là un des points importants et profondément encourageants pour nous.
Une autre chose est de fidéliser certains enfants. Pour des raisons familiales souvent dures, on manque l'école, car il faut bien manger.
En fin de journée, deux élèves doivent balayer les locaux et les ranger. C’est du rapide car la famille qui habite au-dessus nous a demandé de ne pas passer d’eau, histoire de ne pas apporter de traces de boue chez eux. Il faut dire qu’on vit ici dans une poussière ambiante palpable. Ce n’est rien à côté du Rajasthan (sable en prime).
Et tout se passe dans la joie. Les sourires sur les photos ne sont pas forcés !

Jeux Jeux







On ne joue pas toujours sans quelques coups, involontaires bien sûr. La crème miracle pour la douceur de la peau, les câlins pour les plus petits, c’est le remède miracle… On retourne dans la rue pour des parties de chat perché, saut à la corde…

Jeux Carum








L’approche de la fête de Holi va peut-être humidifier les jeux. Holi est dans deux jours. C’est la fête des couleurs, symbolique de l’approche du printemps. On s’arrose d’eau, mélangée à des poudres colorées. Le centre fermera deux jours pour cette occasion de grande réunion familiale.

Nicole D

dim. 16 octobre 2011

Nicole : Mon expérience


J’ai travaillé dans une ONG pendant le mois de février 2010 à Dehradun avec Dominic et Laurent pour soutenir dans leur scolarité des enfants d’un bidonville.
Ces enfants étaient scolarisés par demi-journée dans une école indienne (cours bilingues anglais-hindi) et par demi-journée aussi, en alternance avec l’école nous devions renforcer leurs connaissances dans les locaux de l’ONG. Nicole Dominic et Laurent étaient chargés des groupes-classes tandis qu’ils me confiaient des enfants en difficulté ou nouvellement arrivés dans l’ONG.
J’ai été impressionnée par leur engagement et la qualité de leur travail, séduite par la joie de vivre des enfants et leur confiance en nous.
Pour différentes raisons, entre autres d’efficacité, nous avons dû penser à fonder une nouvelle ONG avec des buts plus larges. Ceci ne posait pas de problème car malheureusement il y a de quoi faire, c’est un immense bidonville… de 9 000 habitants.
En effet, une famille avec trop de difficultés, ce sont des enfants malades, ou souvent absents parce que tentés d’aider leur mère à remplir les casseroles, en effectuant des travaux terribles pour eux.
Donc nous reprenons cette idée de scolarisation et de soutien scolaire mais associée avec une aide à la mère de famille pour qu’elle puisse nourrir ses enfants, apprendre un travail, en définitive qu’elle soit un peu libérée des problèmes de survie des siens pour être capable de s’engager dans la scolarisation d’au moins un de ses enfants.
Il nous a aussi paru fondamental de travailler en étroite relation avec une équipe de travailleurs indiens, un travailleur social œuvrant dans le bidonville depuis longtemps déjà, une institutrice et une cuisinière qui sont de précieux intermédiaires avec les familles, et qui nous sont indispensables car le bidonville est un lieu où les étrangers ne pénètrent pas sans difficulté.
Ces rencontres chaleureuses et efficaces sont donc à l’origine de mon engagement dans GAUAMA.
Je retourne à Dehradun deux mois en 2012, pour relayer Dominic et Laurent auprès des enfants, mais aussi pour mettre en place le soutien aux mères de famille qui souhaitent adhérer à notre projet. Et si ce peut être tous les ans, ce sera avec joie.

Nicole D.